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Fellini Roma


de Federico Fellini

 



L'un des plus beaux films de Fellini, Fellini Roma entièrement restauré est programmé dans le cadre du festival Lumière 2010 avec 7 minutes inédites retrouvées par la Cinémathèque de Bologne !

Fellini RomaAprès Fellini Satyricon (1969) et Les Clowns (1970), Fellini replonge avec Fellini Roma dans son pays aux merveilles, inspiré cette fois par Rome, ville où il s'était installé dès 1938, attiré par le journalisme et par le dessin de presse.

Fellini Roma marque l'affirmation du Maestro à se passer d'acteurs principaux au profit de multiplier les scènes, des courts récits et saynètes où il évoque souvenirs d'enfance et restitue l'ambiance de la métropole italienne grouillante qui le fascine.


" Chaque partie est là, en soi, comme un petit film original"


A l’aune d'un cinéma qui n'existe plus aujourd'hui, Fellini veut  improviser plus que d'habitude pour ce film, sans ligne principale, tournant au petit bonheur la chance, libre de toutes contraintes, presque au mépris des contingences financières. De manière gargantuesque, il n'hésite pas à reconstruire 500 mètres de périphérique romain dans son luxueux laboratoire de Cinecittà, plus que jamais convaincu que l'univers d'une représentation entièrement recréée au travers de décors, est plus fort que la réalité :


"le décor comprime l'essence même des éléments"
dira-t-il.

 

 

Fellini Roma
Federico Fellini et l'une de ses figurantes
sur le tournage de Roma
A propos de Rome, Fellini prolonge :

" Je me demande souvent aujourd'hui pourquoi j'ai fait un film sur Rome, ce qui m'a inspiré... A ce propos, on doit savoir que j'ai horreur de voyager. C'est ici que je me sens bien. Alors je pourrais répondre : je fais un film sur Rome parce que je vis à Rome et que la ville me plaît. A l'époque j'affirmais qu'il n'était pas nécessaire de voyager pour vivre l'extraordinaire, l'étranger, l'inattendu et que c'est aussi et justement dans des choses proches que peuvent se révéler des aspects inattendus. Bien plus, c'est bien chez soi et avec des amis que se manifestent brusquement des gouffres, que des fissures se dévoilent et que nous percevons alors, complètement stupéfaits. C'est pourquoi depuis cette époque, j'ai fait de Rome des recherches telles que les aurait faites un étranger, pensé à une ville qui nous est très proche, mais à la fois lointaine comme une autre planète. Partant de cette première représentation, au cours des années, presque sans jamais l'avoir remarqué, le projet de ce film s'est développé en moi."

 



Fellini Roma
L'apparition furtive d'Anna Magnani dans Roma de Fellini

Fellini qui raconte toujours la même histoire - la sienne - s'emploie comme jamais dans Fellini Roma au sentiment de l'étrange et de l'altérité. Si Rome est le moyen de parler de lui il est aussi celui de parler des autres. La ville il la perçoit "comme un gros visage, rougeâtre qui ressemble à Sordi, Fabrizzi, Magnani". Elle est aussi une mère (la figure matriarcale si chère à Fellini) dont  il dit :

"Rome est une mère et en plus une mère idéale parce qu'elle est indifférente. C'est une mère qui a trop d'enfants et qui, par conséquent, ne peut pas se consacrer à toi. Elle n'exige rien de toi, n'attend rien non plus. Elle t'accueille quand tu viens et elle te laisse partir quand tu t'en vas,

Fellini Roma
Une figurante très fellinienne de Roma
tout comme le tribunal chez Kafka."

 


Au final Fellini ressort du tournage comme régénéré par son désir de Rome : 

 

Fellini Roma
Peintures romaines dans les bas-fonds de Rome


"Dans ce film j’éprouve l’étrange sensation de n’avoir même pas effleuré le sujet. Non seulement la matière n’est pas épuisée, mais elle n’a même été entamée. J’ai préparé le film avec le même enthousiasme habituel, j’ai scruté la ville, je suis allé fouiner dans les coins les plus écartés, mais, à la fin, ces lieux, cette humanité, ces palais, ces décors grandioses que je croyais avoir possédés se sont révélés tout à fait vierges, intacts. Rome, en sommes, est restée immaculée, tout à fait étrangère à mon film sur elle. J’ai envie de raconter d’autres histoires sur Rome".



 


Et le Maestro ne s’arrêtera pas, partant sans cesse à la poursuite des courbes innombrables et insaisissables de cette indomptable chimère si inspiratrice pour lui, de films en films.

 

Olivier Bombarda

 












Fiche technique


 

 

Fellini Roma (Roma)
Italie • France, 1972, 2h08, couleur, format 1:85
Réalisation : Federico Fellini
Scénario : Federico Fellini, Bernardino Zapponi   
Photo : Giuseppe Rotunno        
Musique : Nino Rota
Montage : Ruggero Mastroianni        
Décors : Danilo Donati
Costumes : Danilo Donati   
Production : Turi Vasile, Artistes Auteurs Associés (A.A.A.), Produzioni Europee Associati (PEA), Ultra Films

Interprètes : Federico Fellini (lui-même), Anna Magnani (elle-même), Marcello Mastroianni (lui-même), John Francis Lane (lui-même), Gore Vidal (lui-même), Alberto Sordi (lui-même),  Feodor Chaliapin (Jules César), Peter Gonzales (Fellini à 18 ans), Fiona Florence (Dolores, la prostituée), Pia De Doses (la princesse Domitilla), Marne Maitland (guide des catacombes), Renato Giovannoli (le cardinal Ottoviani), Dennis Christopher (le hippie)

Sortie en Italie : 16 mars 1972
Sortie en France : 14 mars 1972




La Cinémathèque de Bologne

 

 

En parallèle d’un travail de restauration du film Fellini Roma, la cinémathèque de Bologne, (partenaire culturel de Lumière 2010) à retrouvé 7 minutes inédites du film qui ont été intégrées au master orignial.



La Cinémathèque de Bologne (Cineteca di Bologna) a été fondée en 1989 et est membre de la Fédération Internationale des Archives du Film (FIAF) et de l’Association des Cinémathèques Européenne (ACE). Elle préserve et restaure l’héritage cinématographique afin qu’il soit visible aujourd’hui et puisse être transmis aux générations futures. Néanmoins, elle tout autant active pour promouvoir la culture et soutenir la circulation et la création de films parmi les jeunes générations. Les archives du film préservent environ 35 000 films (dont le catalogue de Corona cinematographica) ; l’Immagine Ritrovata est le laboratoire de conservation et restauration qui travaille à la fois sur des films anciens et contemporains. Le patrimoine considérable de la Cinémathèque comprend aussi plusieurs collection et archives de photographies et de livres, acquises ou en dépôt, les Archives et le Centre d’études Pier Paolo Pasolini, le Centre d’études Marcello Mastroianni et le prestigieux Projet Chaplin (Progetto Chaplin).  De plus, la Cinémathèque s’investit dans deux domaines qui constituent ses activités quotidiennes : la promotion, qui inclut un projet éducatif et une programmation (Le cinéma Lumière).


En savoir plus : consultez le site officiel de la Cinémathèque de Bologne

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