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Helmut Berger à Lumière 2010

 



Helmut Berger invité dans la cadre la rétrospective Luchino Visconti à Lumière 2010  présentait le mardi 5 octobre 2010 Les Damnés et le mercredi 6 octobre 2010 Ludwig, ou le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti. Morceaux choisis.

 



A propos du film Les Damnés :

 
"Je déteste les festivals mais le festival de Lyon, c’est quelque chose de très spécial pour moi. En tous cas je suis fou de rage que l’on ait restauré le film (Les Damnés) et … pas moi ! (rires de la salle)
Nous avons tourné le film en 1967, il est sorti en 1968 aux Etats-Unis. J’étais très jeune à l’époque. A New-York, il y avait des affiches partout, c’était étrange, j’étais gêné. Je déjeunais à l’Hôtel avec le producteur et Luchino Visconti, quand on m’a demandé au téléphone. Je me suis dit « bizarre, à New-York je ne connais personne ». Au téléphone, j’entends une voix : « Helmut tu es extraordinaire dans le film ». Je demande : « qui parle ? ».  La voix me répond « Je suis Marlène ». Il s’agissait de Marlène Dietrich ! Après elle m’a envoyé une photo d’elle et le critique du New-York Times a écrit sur la photo d’elle « Qui est la plus joli(e) ?». C’était vraiment un compliment énorme. J’ai gardé la photo, le critique je m’en foutais, mais elle… "

 


"Il s’agit de mon premier grand film. J’étais surpris de mon talent, j’étais jeune à l’époque. J’ai tellement préparé, je ne sais pas combien de livres j’ai lu sur cette époque, je n’ai rien compris en plus (rires de la salle). J’avais un coach parce qu’il y avait aussi la version anglaise en même temps que la version allemande. Il y avait deux versions. Après j’ai tourné Ludwig et je crois que l’on remarque bien que j’avais appris mon métier entre les deux films. Entretemps j’avais aussi tourné avec Vittorio De Sica Les Jardins de Fizzi-Contini avec lequel nous avons gagné l’Oscar du meilleur film. Les Damnés était aussi nommé pour les oscars en tant que meilleur film étranger (*) et nous avons perdu au profit du film Z de Costa Gavras. Pour Les Damnés j’étais aussi nommé pour les Golden Globe ;"

(*) Note : En réalité Les Damnés fut nommé dans la catégorie « Meilleur scénario original » et dans cette section, l’oscar fut remporté par William Goldman pour Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill.
Z de Costa-Gavras remporta quant à lui l'Oscar du meilleur film étranger cette année là comme l'indique Helmut Berger.

(…)
"Le projet des Damnés vient de Luchino Visconti bien sûr. Je lui avais présenté le fils de la famille Krupp (Arndt von Bohlen und Halbach) parce que j’étais à Kitzbühel en Autriche pour faire du ski. Luchino l’a vu et donc il a dit : « on va faire un film sur ça ». Au départ je devais faire le jeune Törless (Les désarrois de l'élève Törless, Robert Musil) mais Volker Schlöndorff avait récupéré les droits d’adaptation du livre avant Luchino. Alors vite, vite, vite, il fallait faire autre chose. Avec Luchino j’avais toujours une grande harmonie de travail. Bon, bien sûr, il m’a toujours engueulé sur le plateau et les autres jamais. J’étais la victime je crois. J’ai mis trois jours pour faire la scène où j’interprète Marlene Dietrich… C’était un peu long et un peu cher pour la production."

 

 


A propos de Ludwig :

 
Ludwig a été le film le plus difficile à tourner de toute ma carrière.  Il a nécessité six mois de préparation et six mois de tournage. Et nous tournions seulement la nuit parce que Ludwig II de Bavière vivait la nuit. C’était très difficile de récupérer un rythme normal, de se lever le jour. J’ai été en clinique pendant trois semaines après le tournage, Luchino lui a eu un infarctus, Romy Schneider elle aussi était en clinique, Silvana Mangano a divorcé… (Rires de la salle)
On tournait seize heures par jour. On finissait à six heures du matin et j’allais me coucher à dix... Visconti était très dur sur le plateau. La préparation comportait les dialogues, les costumes, la démarche de Ludwig, la visite de tous les châteaux. Six mois, c’est bien pour préparer un film parce que maintenant on prépare en une semaine et on tourne en quatre… Je n’aime pas cela beaucoup."


"Pour avoir les droits de tournages sur les lieux authentiques c’était très compliqué également. Pour les scènes de la fin j’étais au maquillage tous les jours à 3 h du matin. Alors je commençais déjà fatigué… On a tourné en hiver. Pour la mort du personnage,  le lac était complètement glacé, on a fait un grand trou et on m’a jeté dedans… En plus comme on m’avait grossi, c’était très lourd… Pendant deux jours je n’ai bu que des grogs (rires de la salle)(…)"

"Romy était comme ma sœur, elle a travaillé avec Luchino pour Boccace 70 et pour le théâtre Dommage qu’elle soit une putain. Au départ elle ne voulait pas faire le film et tenir à nouveau le rôle de Sissi. Mais Luchino lui a dit :
«  Maintenant c’est fini, tu es l’Impératrice Elisabeth d’Autriche ! » Alors elle a accepté.(…)
Au final Luchino Visconti avait dix-huit heures de rushes. Il a coupé pour avoir un film de douze heures puis huit, puis quatre. Les américains en voulaient deux...(…) On ne sait toujours pas la vérité sur la mort de Ludwig, s’il a été tué ou s’il s’est suicidé. Mais Luchino avait été voir la famille Wittelsbach et ils lui avaient montré la veste de Ludwig avec un trou… Dans le film, je crois que l’on comprend qu’on l’a tué."


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