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Rosemary’s Baby


de Roman Polanski

 

 

Rosemary's Baby en copie neuve restaurée : l'un des sommets de l'angoisse signé Roman Polanski avec Mia Farrow dans son premier grand rôle au cinéma

 

Rosemary's Baby
Mia Farrow (Rosemary) et le landeau noir de Rosemary's Baby

 

Le projet d’adaptation du livre d’Ira Levin Rosemary’s Baby vient en premier lieu du producteur (mais aussi réalisateur et acteur) William Castle qui achète les droit dans le but de le réaliser lui-même. Ayant sollicité La Paramount, William Castle accepte d’être le producteur du projet et de trouver un metteur en scène qui inspirera davantage confiance la Major.  Le nom de Roman Polanski est avancé par le directeur des studios, Robert Evans, qui a particulièrement apprécié Répulsion et Cul Sac. Roman Polanski qui n’a pour l’instant tourné qu’en Europe sans avoir percé véritablement aux Etats-Unis avec Le Bal des Vampires, présente les dispositions requises pour adapter à l’écran l’univers malsain et claustrophobique d’Ira Levin.

A la lecture du roman, Roman Polanski est enthousiaste et insiste immédiatement sur la nécessité de respecter l’ouvrage original dans ses plus petits détails. Il demande aussi à travailler avec le chef-décorateur Dick Sylbert qu’il admire.

Rosemary's Baby
 The Dakota Building
Ce dernier accepte et lui fait découvrir New-York. Pendant un mois Dick Sylbert et Roman Polanski arpentent les rues de la ville. Le premier fait découvrir au jeune polonais le Dakota Building où se situera en définitive l’action du film. Quant on sait combien le cinéaste alors en pleine acension - Rosemary’s Baby est le cinquième film de Polanski âgé seulement de 35 ans - est depuis toujours sensible à l’atmosphère des lieux, on réalise davantage combien le Dakota Building devint l’une des clés de voûte du projet cinématographique.

Même si les intérieurs des appartements furent tournés en studio, l’immeuble est clairement identifié dès le début du film. Son aspect sombre qui tient  plus du château hanté que de la résidence de luxe inspire à Roman Polanski la teneur singulière de son récit ambigu et ténébreux. (Le Dakota eu pour résidents célèbres Lauren Bacall, Rudolf Noureev, Judie Garland, Boris Karloff, il sera aussi le lieu de l’assassinat de John Lennon en 1980, de quoi largement alimenter les théories qui prêtent à Polanski des qualités de cinéaste omniscient...)

Rosemary's Baby
 Mia Farrow
Le casting de Rosemary’s Baby se fera progressivement. Pour Rosemary, Robert Evans une fois encore propose une jeune actrice qu’il a repéré dans le feuilleton télévisé Peyton Place : Mia Farrow. Roman Polanski hésite un peu, la Rosemary du roman était une américaine de base, saine qui boit du lait et moins vulnérable que le profil de Mia Farrow. Finalement, après une rencontre avec la jeune vedette de télévision , Roman Polanski est séduit et accepte.

Le rôle du mari de Rosemary revient à John Cassavetes après les refus de deux jeunes premiers, Warren Beatty et Robert Redford. En parallèle Roman Polanski a vite compris  que le ton du film reposerait beaucoup sur la qualité d’interprétation des personnages secondaires. Il s’entoure d’une équipe de choc en faisant appel à des acteurs confirmés : Ruth Gordon, Sydney Blackmer, Elisha Cook, Patsy Kelly, Ralph Bellamy et Maurice Evans. Ces grandes stars d’hollywood concrétisent la folie d’un huis-clos paranoïaque et délétère.

Rosemary's Baby
 Ruth Gordon interprète l'insupportable
voisine Minnie Castevet
Aux antipodes de l’atmosphère lourde et angoissante du récit, le tournage se déroule dans une ambiance sereine. Roman Polanski découvre le luxe et le professionnalisme des studios de la Paramount. Soutenu par Robert Evans, il aura même le privilège d’un dépassement de tournage tant les rushes sont satisfaisantes.

 

 

Ne pas montrer, tout suggérer est l’adage du cinéaste. En décortiquant l’installation heureuse (comme sortie d’un soap–opéra) du jeune couple dans leur nouvel appartement new-yorkais, le tour de force est la mise en scène précise et amoureuse de petits détails de Roman Polanski qui vise l’intrusion progressive des personnages secondaires dans l’intimité de la jeune femme. Le spectateur oscille dès lors en permanence dans le cadre d’une empathie double à l’égard de Rosemary : cette dernière est-elle au bord d'un gouffre névrotique ou aux portes du surnaturel ? Jusqu’au bout le spectateur nage dans un doute permanent, terriblement effrayant.

 

Rosemary's Baby
Sidney Blackmer (Roman Castevet)
et Mia Farrow (Rosemary)
"Je ne veux pas que le spectateur pense ceci ou cela : je veux simplement qu'il ne soit sûr de rien. C'est cela le plus intéressant, l'incertitude."
dira Roman Polanski.

 

Rosemary’s Baby sera le premier grand succès international de Roman Polanski, précurseur des films fantastico-religieux des années 1970 comme L’Exorciste (The Exorcist, William Friedkin, 1973), La Malédiction (The Omen, Richard Donner, 1976) La Sentinelle des maudits (The Sentinel, Michael Winner, 1977).


Olivier Bombarda


Fiche technique

Rosemary’s Baby
(Rosemary’s Baby)
Etats-Unis, 1968, 2h16, couleur, format 1:85
Réalisation : Roman Polanski
Scénario : Roman Polanski d’après Rosemary’s Baby d’Ira Levin
Photo : William A. Fraker   
Musique : Krzysztof Komeda
Montage : Sam O'Steen, Bob Wyman
Décors : Richard Sylbert        
Costumes : Anthea Sylbert        
Production : William Castle, Paramount
Développement : Robert Evans

Interprètes : Mia Farrow (Rosemary Woodhouse), John Cassavetes (Guy Woodhouse), Ruth Gordon (Minnie Castevet), Sidney Blackmer (Roman Castevet), Maurice Evans (Edward Hutchins), Ralph Bellamy (Dr. Sapirstein), Victoria Vetri (Terry Gionoffrio), Patsy Kelly (Laura-Louise), Elisha Cook Jr. (Mr. Nicklas), Emmaline Henry (Elise Dunstan), Charles Grodin (Dr. Hill), Hanna Landy (Grace Cardiff)

Sortie aux Etats-Unis : 12 juin 1968
Sortie en France : 17 octobre 1968

Ressortie en salles : 20 octobre 2010.







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