Grille et liste des films

Vidéos

Institut Lumière


Programme 2010

ouverture

Prix Lumière 2010
Visconti
Ciné US 70's
Raymond Bernard
Dario Argento
Hommages
Dejà classiques!
De retour sur les écrans
Best of

Clôture du festival

 


Autour du festival

 

 

PRIX RAYMOND CHIRAT
remis à un écrivain - chercheur - historien de cinéma

 



Lyon, années trente. Un petit garçon écume les cinémas lyonnais et chaque soir note d’une écriture serrée et appliquée le générique des films vus dans la journée. Au fil des ans, il persévéra puis élargit son champ d’action à TOUS les films qui sortaient ou qui étaient sortis. Dans cet appartement de l’avenue de Saxe à Lyon où il est né en 1922 et qu’il n’a jamais quitté – avantage suprême pour un archiviste ! –, les petites fiches se sont accumulées. Avec une obstination oscillant entre la passion de l’amateur et la manie du scientifique, Raymond Chirat (puisque c’est de lui qu’il s’agit) prit la mesure du défi qu’il s’était lancé et que les « seconds » métiers (en bon lyonnais, il fut même restaurateur !) n’empêcheront pas de mener à bien : archiver le cinéma français des origines à nos jours… Opération réussie à l’insu de tous. Des années plus tard, on se rendit compte que la seule source d’étude fiable sur les trois mille films français de la période antérieure à 1950 dormait dans ses cartons.

Bernard Chardère, fidèle ami des origines, le présenta à Jacques Ledoux, directeur de la Cinémathèque Royale de Belgique.
Lorsqu’en 1975 sort le Catalogue des films français de long métrage sonores de fiction 1929-1939, ce fut l’émoi chez les cinéphiles francophones : voila ce qu’ils attendaient depuis des années. Un dictionnaire fouillé, précis, obéissant à une démarche d’historien, qui fait état de ses sources mais aussi de ses manques à un moment où le cinéma ignorait jusqu’à ses ignorances. D’autres catalogues sortirent dans la foulée avec le même succès. Ses génériques devinrent la référence. Raymond Chirat se tourna alors vers des ouvrages de « promenade érudite » qui se lisent avec une douce émotion. Cet admirateur d’Alexandre Vialatte et d’Anatole France, grand connaisseur de théâtre (sa seconde passion), de littérature ou d’art lyrique, est aussi un écrivain dont les livres exhalent le parfum des souvenirs d’en France, tout droit venus des batailles d’édredons de Zéro de conduite, des déambulations de Max Dearly et de Saturnin Fabre. Chirat, parfois accompagné d’Olivier Barrot, procèda à un vaste travail de réémergence du cinéma français dont il traqua sans relâche les zones les plus obscures.

Scénaristes inconnus ou réalisateurs mineurs revivent sous une plume qui jubile.
Aujourd’hui, son travail est reconnu et Raymond Chirat continue de fréquenter les salles lyonnaises et l’Institut Lumière.
L’oeuvre de ce filmographe des bords du Rhône s’est bâtie sur l’amour du travail des autres mais, volontiers caustique dans les jugements qu’il porte sur la vie, il est d’une grande générosité et reste fidèle en amitié.

Pour lui rendre hommage, un prix portant son nom est créé à l’occasion de Lumière 2010 : il récompensera un écrivain-chercheur-historien pour travaux en cours.
Le Prix Raymond Chirat sera annoncé courant septembre, puis remis au lauréat, en présence de Raymond Chirat, au cours du festival.