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Le Roi et l'oiseau

de Paul Grimault


Du haut de son gigantesque palais, un roi de Takicardie (Pascal Mazzotti) règne en tyran sur son royaume. Seul un oiseau au plumage somptueux, enjoué et bavard, ose le narguer. Le roi est amoureux d’une charmante et modeste bergère qu’il souhaite épouser fût-ce sous la contrainte. Mais celle-ci a donné son cœur à un petit ramoneur ...

Il ne fallut pas moins de trente ans à Paul Grimault (1905-1994) et Jacques Prévert (1900-1977) pour réaliser ce chef d’œuvre, probablement l’un des plus beaux dessins animés de tous les temps. En 1946, Paul Grimault (1905-1994) et Jacques Prévert se lancent dans l’adaptation animée du conte d’Andersen La Bergère et le ramoneur. Malheureusement, l’argent vient à manquer et en 1953, la production sort une version que les auteurs refusent de signer : La Bergère et le ramoneur (1953) avec les voix de Pierre Brasseur, Fernand Ledoux, Anouk Aimée et Serge Reggiani. En 1967, le réalisateur récupère les droits et les négatifs et peut enfin mener le projet à terme avec Jacques Prévert. Celui-ci meurt en 1977, avant d’avoir pu voir l’œuvre achevée. Le film est une explosion de couleurs, de lyrisme et de poésie. On retrouve l’univers de Prévert, la liberté symbolisée par l’oiseau, « les enfants qui s’aiment », l’aveugle à qui il faut décrire le soleil et la lune, l’orgue de barbarie qui émeut les lions les plus féroces…et bien sûr des dialogues génialement inventifs. La poésie semble même jaillir des méchants « hauts hurleurs » : « Forte récompense ! Allo ! Une charmante bergère et un petit ramoneur de rien du tout… de rien du tout… sont recherchés par la police de Sa Majesté, le roi Charles V et Trois font Huit et Huit font Seize de Takicardie ! ».

 

Le Roi et l'oiseau

L’humour est partout, même lorsque le film ne masque pas sa portée politique. Car comment ne pas rire de ce tyran furieux, mégalomane et ridicule ? Sous ses colères affleure sa vulnérabilité. Il règne sur une ville construite tout en hauteur, au sommet de laquelle trône son château. On y monte grâce à un ascenseur vertigineux, mais un oiseau peut aussi faire l’affaire. Les décors, splendides, témoignent eux aussi de l’imagination créatrice des auteurs. La cavalcade des amoureux nous les faits découvrir à un rythme effréné et nous entraîne comme dans un train fantôme, du somment du château à la ville basse. Celle-ci rend d’ailleurs clairement hommage au Metropolis de Fritz Lang (1927). Enfin, la musique de Wojciech Kilar, finit de créer un univers complet, poétique, à l’image de la ville, placée au beau milieu de l’infini.

 

Le Roi et l'oiseau


Du succès de 1953 au triomphe de 1980

Comparant le triomphe du Roi et l’oiseau (1980) au relatif succès de La Bergère et le ramoneur (1953), Bernard Chardère, l’ami de Pierre Prévert, Paul Grimault et Jacques Prévert écrit :
« L’évolution des mentalités entre 1952 (guerre froide, anticommunisme sans frontière) et 1980 (euphorie économique, prix Delluc) montre une fois de plus que les créateurs ont souvent un quart de siècle d’avance sur l’opinion. En 1980 non seulement les parents vont conduire leurs enfants voir ce « divertissement  plein de fraîcheur » mais ils feront mieux : ils « comprendront le message » et même ils l’approuveront.»

 

Le Roi et l'oiseau

L’oiseau et les lions

 L’oiseau est inspiré du personnage joué par Pierre Brasseur dans Les Enfants du paradis de Marcel Carné (1945), écrit par Jacques Prévert, notamment lorsqu’il y incarne Robert Macaire jouant dans la pièce de théâtre  "L'Auberge des Adrets". Il suffit de voir l’oiseau pousser les liens à la rébellion pour en être convaincu.


Une référence jusqu’au Japon

 Le grand réalisateur japonais Hayao Miyazaki estime que les films qui l’ont le plus ému sont ceux de Paul Grimault. Le Roi et l’oiseau a eu une réelle influence sur le fondateur des studios japonais Ghibli. D’ailleurs le robot géant du film a largement inspiré ceux de la cité volante de Laputa dans Le Château dans le ciel ( Tenku no shiro, Hayao Miyazaki, 1986).


La restauration du film

 Les images des années cinquante et des années quatre-vingts ont fait l’objet d’une restauration photochimique et numérique entre 2001 et 2003 menée grâce à Studio Canal. La bande son a été adaptée aux normes des installations actuelles. La musique s’exprime désormais dans toute son ampleur grâce aux enregistrements stéréos d’origine qui n’avaient pas été utilisés en 1980 lors de la sortie du film car la plupart des salles étaient alors équipées en mono.

 

Le Roi et l'oiseau
 

 

Merci, merci, merci
Merci à Eugénie Prévert et à Paulette Grimault grâce auxquelles il est possible de montrer Le Roi et l’oiseau sur le grand écran de la Halle Tony Garnier.

 

Début de la projection 14h30 / Fin de la projection 16H30 


Séances



Vendredi 27 décembre à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Jeudi 02 janvier à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Samedi 18 avril à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Mercredi 22 avril à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Samedi 02 mai à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8



Le Roi et l’oiseau
France, 1980, 1h23, couleur, format 1:66

Réalisation : Paul Grimault
Scénario : Paul Grimault et Jacques Prévert d’après La Bergère et le ramoneur de Hans Christian Anderson
Dialogues : Jacques Prévert
Assistant à la réalisation : Emile Bourget
Photo : Gérard Soirant
Musique : Wojciech Kilar, Joseph Cosma
Montage : Paul Grimault
Décors : Paul Grimault, Lionel Charpy, Roger Duclent
Production : Les Films Paul Grimault, Les Films Gibé, Antenne 2
Choix des voix : Pierre Prévert
Interprètes : Jean Martin (l’oiseau), Pascal Mazzotti (le roi), Raymond Bussières (le chef de la police), Agnès Viala (la bergère), Renaud Marx (le ramoneur), Hubert Deschamps (le sentencieux), Roger Blin (l’aveugle), Philippe Derrez (le liftier/le speaker), Albert Médina (le belluaire/le haut hurleur), Claude Piéplu (le maire du palais)

Sortie en France : 19 mars 1980